lundi 22 juin 2015

Sécurité : du nouveau à différents niveaux...

Le JORF du 5 juin officialise la nomination de Didier Le Bret comme Coordonnateur du renseignement.
L'ancien ambassadeur en Haïti, est devenu, en 2013, directeur du Centre de crise et de soutien du Ministère des Affaires étrangères du Quai d'Orsay, organisme mobilisé lorsque des Français se trouvant à l'étranger sont victimes d'une catastrophe naturelle ou pris en otages dans des pays à risques. Il remplace à cette fonction à la présidence française le préfet Alain Zabulon qui est nommé directeur de la sûreté, du management des risques et de la conformité d'Aéroports de Paris (ADP).
Le défi du Coordonnateur du Renseignement est de créer des liens étroits entre différentes administrations - Quai d'Orsay, Défense, services de documentation intérieur et extérieur - ainsi qu'au sein de l'Elysée entre le cabinet présidentiel, l'état-major particulier du président François Hollande et ses conseillers diplomatiques.
Il est, par ailleurs, auditeur de la 61e session nationale de l’IHEDN.

Les policiers du Rhône connectés en direct à plus de 2 500 caméras de l’agglo
Lyon. Le centre d’in­for­ma­tion et de com­man­de­ment de la po­lice a in­vesti 150 000 € pour re­nou­ve­ler et mo­der­ni­ser ses équi­pe­ments de vidéo pro­tec­tion. Il s’ap­puie sur les ins­tal­la­tions de par­te­naires, pu­blics ou pri­vés, et peut vi­sion­ner les images que lui ren­voient leurs ca­mé­ras.
Ce n’est pas un écran mais deux murs d’images, douze écrans vi­déos, qui ta­pissent au­jour­d’hui les deux salles du centre d’in­for­ma­tion et de com­man­de­ment, l’un des plus grands de France.
On est ici au cœur du ré­ac­teur de la di­rec­tion dé­par­te­men­tale de la Sé­cu­rité pu­blique, dans les étages de l’hô­tel de po­lice de Lyon. Amé­nagé en 1995, il a été un mo­dèle pour la construc­tion des CIC de France. Mais vingt an­nées ont passé et cer­tains équi­pe­ments étaient de­ve­nus ob­so­lètes.
« Il est im­por­tant que la tech­nique suive. Une mo­der­ni­sa­tion s’im­po­sait », re­le­vait jeudi soir le di­rec­teur dé­par­te­men­tal de la Sé­cu­rité pu­blique du Rhône, Al­bert Doutre, en fai­sant vi­si­ter les lo­caux qui abritent la pla­te­forme du « 17 po­lice se­cours » au pré­fet dé­lé­gué pour la dé­fense et la sé­cu­rité, Gé­rard Ga­vory, et au pro­cu­reur de la Ré­pu­blique Marc Ci­ma­monti.
Kéolis, plus gros pourvoyeur d’images
Un bud­get de 150 000 €, dé­ployé sous la hou­lette du se­cré­ta­riat gé­né­ral pour l’Ad­mi­nis­tra­tion du mi­nis­tère de l’In­té­rieur (Sgami), vient en effet d’être consa­cré pour re­nou­ve­ler les équi­pe­ments de vidéo pro­tec­tion qui s’ap­puient sur une tech­no­lo­gie der­nier cri : « un sys­tème in­tel­li­gent pour ré­cep­tion­ner toutes les images », d’une qua­lité ex­cep­tion­nelle, choi­sir le sec­teur, sé­lec­tion­ner la ca­méra sou­hai­tée, zoo­mer à vo­lonté, le plus gros pour­voyeur étant Keo­lis et ses 1 500 ca­mé­ras dis­sé­mi­nées sur le ré­seau des trans­ports en com­mun (1).
Mais le ma­té­riel ne se­rait rien sans les hommes. Dans ce cœur stra­té­gique qui re­çoit quelque 410 000 ap­pels par an, trois ad­joints de sé­cu­rité ont été for­més pour ren­for­cer les ef­fec­tifs de la pla­te­forme du « 17 » qui aux heures de pointe, dans le cré­neau 15 heures-23 heures, passe de trois à quatre opé­ra­teurs.
Ici, chaque évé­ne­ment fait l’ob­jet d’une fiche re­layée sur l’écran d’un opé­ra­teur radio. Son tra­vail : par la radio lo­ca­li­sa­tion (dès 2006, Lyon fut choi­sie, avec Rouen, pour tes­ter le sys­tème de géo­lo­ca­li­sa­tion), re­pé­rer la pa­trouille, pas for­cé­ment la plus proche, mais en tout cas la plus adap­tée, pour qu’elle in­ter­vienne. Temps moyen de ges­tion d’un appel : une mi­nute. Temps moyen d’in­ter­ven­tion : six mi­nutes. Pour 90 in­ter­pel­la­tions par jour. Et des dé­lais sans cesse ré­duits, grâce non seule­ment à la ré­ac­ti­vité des équipes mais aussi au ma­té­riel de plus en plus per­for­mant, comme a pu le ré­su­mer le pré­fet Gé­rard Ga­vory en sou­li­gnant « le rôle d’ap­pui es­sen­tiel du SGAMI » et celui du Pro­cu­reur qui contrôle le suivi de chaque in­ter­pel­la­tion.
Marc Ci­ma­monti a salué « la per­for­mance de l’ou­til » et rap­pelé « l’im­por­tance de la vidéo pro­tec­tion dont l’ex­ploi­ta­tion d’un point de vue ju­di­ciaire est ma­jeure ». En ces pé­riodes de di­sette, le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique a an­noncé et s’est ré­joui de « l’ar­ri­vée d’un vrai centre d’ap­pel » au ser­vice de trai­te­ment di­rect (STD) : « On va enfin avoir un outil opé­ra­tion­nel : comme quoi, il n’y a pas lieu de déses­pé­rer. »

(1) Lyon (350), Saint-Priest (100), Ca­luire (97), la SNCF (150), le centre com­mer­cial Part-Dieu (683), en at­ten­dant le nou­veau stade.


L'Inhesj publie par ailleurs son bulletin mensuel (disponible ici) sur l'état de la criminalité et de la délinquance, chiffres d'avril 2015.